Soutenance d’HDR - Susan Kovacs

GERiiCO Vie du laboratoire Soutenance de HDR
11 déc. 2020 14:30 - 18:00
Visio-conférence

Soutenance d'Habilitation à Diriger des Recherches en Sciences de l'information et de la communication, intitulée : 

« Approche anthropologique et historique des savoirs  informationnels : médiations éditoriales, documentaires et scientifiques »

vendredi 11 décembre 2020 à 14h30

Susan Kovacs, GERiiCO, Université de Lille

La soutenance aura lieu par visioconférence, sur Teams : Cliquez ici pour participer à la réunion

Le jury est composé de :

  • Julia BONACCORSI, Université Lyon 2, garante
  • Caroline COURBIÈRES, Université Paul Sabatier Toulouse 3, rapporteure
  • Marie DESPRÉS-LONNET, Université Lyon 2, rapporteure
  • Vincent LIQUÈTE, Université de Bordeaux, rapporteur
  • Laurent PETIT, INSPé-Université Paris-Sorbonne 
  • Christian POIRIER, Institut national de la recherche scientifique, Montréal Québec

 Résumé :

    Ce dossier d’HDR propose un bilan réflexif de mon parcours universitaire et de mes activités scientifiques au sein des Sciences de l’information et de la communication depuis 20 ans. J’y expose les principes de mon attachement à une démarche d’analyse anthropologique et historicisée des dispositifs de médiation des savoirs et de leurs matérialisations et réécritures. Mes objets de recherche, variés, ont en commun de questionner la circulation transformationnelle des documents et des savoirs : transpositions transmédiatiques de corpus littéraires, recompositions éditoriales de formes anthologiques, hybridations discursives dans la publicisation de savoirs scientifiques, réagencements des espaces documentaires contemporains, repositionnements éducatifs dans les approches du « numérique ». Ces dynamiques sont interrogées par rapport aux logiques institutionnelles et politiques qui les sous-tendent et par rapport aux valeurs et aux normativités culturelles qui les traversent. 

    Si les dispositifs de médiation informationnelle et scientifique que j’analyse participent à la mise en circulation de savoirs et de modes de faire et de vivre, ils dessinent par là même autant de modèles de subjectivité et d’agentivité. Les figures et les configurations du sujet, tributaires des régimes médiatiques, des imaginaires symboliques et des genres et architextes informationnels, accusent pour les plus récentes l’emprise croissante des injonctions à mettre en oeuvre une entreprise de « production de soi ». Dans un mémoire de synthèse réflexif et programmatique intitulé « Médiamorphoses du sujet : médiations éditoriales et informationnelles du sujet et de l’identité, de l’imprimé au numérique », je propose une lecture d’un ensemble de dispostifs info-documentaires en tant que supports de subjectivation et de socialisation. Partant d’une étude des procédés de mise en scène du sujet lectoral et socio-politique conçus par les acteurs du livre imprimé, je questionne les logiques à l’oeuvre dans la trivialisation de certaines figures dominantes depuis la fin du 19s : le sujet informationnel rationnel, l’éco-citoyen, le sujet nutritionnel, le sujet bricoleur numérique. 

    Tandis que les injonctions à « devenir soi » s’intensifient de nos jours, incarnées dans des dispositifs éditoriaux et des formats d’écriture numérique, les configurations médiatiques subjectivantes questionnent la possibilité d’une autonomie critique et des formes d’auto-représentation maîtrisables par les individus. L’étude des subjectivités et des intersubjectivités médiées que je défends s’ouvre ainsi à des objets et à des situations moins souvent interrogés : où est le sujet, dans l’activité informationnelle et documentaire ? En quoi les dispositions et les gestes du sujet « rationnel » constituent-ils un impensé des politiques culturelles et éducatives, lorsqu’il s’agit notamment d’élaborer des actions de sensibilisation et de formation aux médias et à l’information et aux cultures numérique et scientifique ?

    Cette réflexion est l’occasion d’insister sur l’apport fondamental d’une perspective info-communicationnelle dans l’analyse critique des modes de représentation, de convocation et d’assignation du « sujet ». Questionner les processus de subjectivation par le biais des matérialisations documentaires et informationnelles offre une voie d’exploration privilégiée pour décrypter les relais donnés par divers acteurs éducatifs et culturels aux discours politiques, sociétaux et économiques visant à normer et à gouverner les conduites.


Tweeter Facebook