Guerre en Ukraine : s’informer et comprendre : La nation ukrainienne à l'épreuve du pouvoir russe

Conférence-débat sur la guerre en Ukraine, « La nation ukrainienne à l'épreuve du pouvoir russe », initiée de manière conjointe par la Faculté des Humanités, la Faculté des Langues, Cultures et Sociétés et le département Infocom

Titre : Guerre en Ukraine : s’informer et comprendre : La nation ukrainienne à l'épreuve du pouvoir russe

Intervenant.e.s : 

  • Andreï Kozovoï, Maître de conférences-HDR, Historien, spécialiste de la Russie, Université de Lille
  • Antoine Arjakovsky, historien, co-directeur du département de recherche « Politique et Religions », Collège des Bernardins, Paris
  • Cécile Vaissié, professeur des universités en études russes et soviétiques, Université Rennes 2
  • Camille Cressent, doctorante en droit international public, Université de Lille

Résumé :

Le 24 février 2022 restera une date marquante en Europe, celle d’une bascule dans la tragédie : au nom d’une « histoire », d’une « culture » et d’un « espace spirituel » qui, selon le discours officiel russe, tiendraient de « liens du sang », la Russie a envahi l’Ukraine, ouvrant une guerre d’agression. Certes, la résistance militaire et de « volontaires civils » s’organise aussitôt. Pour autant, en quelques jours, cette guerre se compte en centaines de milliers, puis en millions, de personnes déplacées fuyant les bombes, en dizaines de milliers de morts et de blessés, elle draine son lot d’exactions, y compris à l’encontre de populations civiles, elle érige un spectre, celui de la menace nucléaire.

« Retour de l’histoire » ont aussitôt proclamé nombre de commentateurs, comme si l’histoire ne s’entendait qu’à l’aune du retour soudain du tragique. Or, ont de leur côté rappelé des chercheuses et des chercheurs attentifs de longue date à l’analyse de la puissance russe, cette guerre était en germe depuis plusieurs années, elle se devinait dans des discours et de premiers actes d’agression. À la lueur d’une approche historique et critique, ce sont là autant d’actes qu’il convient de situer, de contextualiser, d’éclairer, autant de discours qu’il convient de décrypter, d’analyser, de déconstruire.

C’est ce à quoi invite cette conférence-débat, dans le prolongement d’une précédente table ronde organisée début mars.

À l’encontre du discours de l’agresseur faisant valoir l’idée que l’Ukraine contemporaine aurait été « entièrement et complètement créée par la Russie bolchevique », il s'agira dans un premier temps de mettre en perspective l'histoire de l'Ukraine en considérant les dimensions territoriale, linguistique et religieuse du pays, en expliquant sa situation depuis son indépendance en 1991, ses relations avec la Russie et son rapport à l'Europe. À l’encontre du discours de l’agresseur faisant valoir l’idée de la nécessité de « dénazifier » le pouvoir en Ukraine, il s’agira dans un second temps de revenir sur ce discours, en comprendre les fondements, en décrypter les rouages et en identifier les relais tout autant que l’emprise. Dans ce pays à la mémoire douloureuse, les atrocités commises au cours de ces dernières semaines ont conduit des responsables politiques de haut rang, tant en Europe qu’en Amérique du Nord, à dénoncer un « génocide » en cours. D’autres, refusant d’endosser ce terme au regard de sa portée juridique, dénoncent quant à eux des « crimes de guerre », ou encore des « crimes contre l’humanité ». Comment appréhender le poids de ces termes à la lueur du droit international ? Telle est également l’ambition de cette conférence-débat.

Programme : Voir document attaché

Contact : Bruno Raoul

Lieu : Amphithéâtre B7, Université de Lille, campus Pont de Bois